Suite à une profonde démotivation, à un sentiment de stagnations dans ma vie, des épreuves interminables et des frustrations profondes envers notre système,  j’ai décidé de plonger à l’intérieur de moi à grands coups de larmes, d’exaspération, d’angoisses et de déchirement, pour finalement en ressortir avec une pensée qui a fait chavirer ma vie et qui je l’espère la rendra meilleure.

J’étais entrepreneur. J’avais créé ma propre entreprise à partir de rien, dans un domaine des plus difficiles tant au niveau des financements, que de la crédibilité. J’avais choisi ce domaine par passion, par ambition et par désir de prouver au reste du monde que je pouvais changer les perceptions. Mais voilà que 5 ans plus tard, la vie n’était pas ce que j’imaginais. Je n’étais pas rendue ou je voulais être. Ce que je m’étais si longtemps imaginé. J’ai adoré être ma propre patronne. Rencontrer les gens qui aiment et admirent l’entreprise que tu as construite avec comme unique source d’aide votre bon vouloir, toutes vos économies et des heures interminables de travail à faire tout ce qui est bon pour faire croître votre « bébé ».

Se tuer à la tâche

C’est non seulement valorisant et valorisé de se tuer à la tâche, mais aussi extrêmement stressant! Une belle boutique, des produits de plus en plus variés pour répondre à la demande de plus en plus grande, des tâches à l’infini, des heures qui s’additionnent de plus en plus à tenir boutique et à gérer la machine que j’avais construite. Une gestion que je trouvais difficile en raison d’un manque de fonds de roulement, des clients qui en veulent toujours plus et que je  n’arrivais pas toujours à satisfaire malgré tous les efforts déployés. Bref, un travaille que j’aimais, mais qui me stressait au plus haut point, dans un milieu des affaires que je croyais stimulant et valorisant. En faisant partie d’associations de toutes sortes, de comités, de concours de chambres de commerce, qui vous rappelle que vous êtes l’heureuse propriétaire d’une entreprise et que vous faites partie de cette élite qui participe à la croissance économique.

Ma petite entreprise d’avantage une TPE (très petite entreprise) avait le vent dans les voiles. Notre créativité dans sa conception nous avait menés à croire à un concept d’envergure internationale, ce qui nous poussait à toujours en vouloir plus. Nous voulions un « Success story », faire de l’argent comme de l’eau et prendre notre retraite en privilégié de ce monde à l’âge de 45 ans. Je travaillais sans relâche avec l’objectif d’aider mon prochain, en le conseillant au meilleur de mes connaissances et ainsi me permettre de gagner ma vie grassement un jour. Mais comme vous l’imaginez… ce jour n’arriva pas. Dans mon cas, le temps est venu à bout de ma motivation, de ma passion et de ce désir d’être l’entrepreneur que je suis.

Est-ce que j’en suis triste… pas du tout. J’ai appris beaucoup, je me suis forgé comme femme et comme humain à travers cette expérience qui j’ai l’impression me guidait finalement vers autre chose. Suite à cette période de remises en question existentielle, j’ai découvert qu’à l’intérieur de moi dormait autre chose. Quelques choses de plus vraie, de plus beau et de plus serein pour moi. En prenant du recul, j’ai compris que le plus important dans ma vie ne touchait ni le travail ni l’argent. Que je ne désirais plus travailler pour faire de l’argent afin d’acheter des choses! J’ai réalisé que finalement, l’argent que je voulais tant me servait à acheter des choses! Des vêtements, des meubles, de la décoration intérieure, des produits de beauté… Bref, des choses.

Est-ce que ces choses valaient tout le stress que je vivais? Est-ce que j’utilisais réellement ces choses? Est-ce que ces choses valaient de passer 70 heures par semaines à travailler au lieu de le passer avec ma famille, mes amis, mon amoureux? J’ai soudain fait le choix que je ne voulais plus de ces choses. Je voulais encore moins les vendre aux autres au sein de mon entreprise. La possession de matériels m’a fait comprendre à quel point je suis enraciné dans un environnement qui ne me correspond plus et que j’en étais littéralement prisonnière. Et tout ça… pour faire tout ce que je croyais normal et bon à faire, tout ce que j’avais appris dans la vie : avoir des choses comme tout le monde!

Leçon de vie

La vie nous présente souvent de belles leçons. Après plus de 3 ans en justice pour une maison que nous avions tellement désirée, sur un terrain beaucoup trop grand à entretenir, dans un secteur beaucoup trop petit pour nous et qui nous a presque rendus fous, on voyaient finalement la lumière au bout du tunnel. Nous nous libérerons enfin de cette pression monétaire et émotive pour enfin décider de vivre une vie avec moins de «choses», mais plus de moments! Des moments de plaisir, de rire, d’émerveillement, de joie, de plénitude et de bonheur. Je sais que la vie apporte son lot de problèmes, de découragement et d’incertitude, mais aujourd’hui je choisis le bonheur. Je choisis de m’accepter comme personne entière dans mes contradictions, mes erreurs du passé et dans mes besoins de femme qui évolue et évolueront sans doute toujours. Je choisis surtout d’avoir le droit de dévier de ma route et de choisir le chemin que j’ai envie de prendre. Peu importe, où celui-ci me mènera.

Dans la vie, on planifie pour le meilleur, on rêve grand, on espère pour le mieux. Dans ma vie je choisis de faire ce que mon cœur me dicte et c’est pour cette raison que je choisis de ne pas prendre l’avenue que j’avais décidé de prendre au départ… je me donne le droit de choisir le PLAN B! Un Plan Bonheur! Mon Plan Bonheur!

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Article suivantMerci à celle que j’ai été!

Nous sommes deux entrepreneurs québécois qui avons vendu la plupart de nos possessions pour choisir une vie basée davantage sur les expériences que sur l’avoir. Une vie complètement différente de celle que nous avions planifiée au départ. Nous avons choisi le plan B… Le plan Bonheur!